Romans


Alain Robbe-Grillet

Les Gommes

Prix Fénéon 1954


1953
264 pages
ISBN : 9782707302564
19.50 €


Il s'agit d"un événement précis, concret, essentiel : la mort d’un homme. C’est un événement à caractère policier c’est-à-dire qu’il y a un assassin, un détective, une victime. En un sens, leurs rôles sont même respectés : l’assassin tire sur la victime, le détective résout la question, le victime meurt. Mais les relations qui les lient ne sont pas aussi simples qu’une fois le dernier chapitre terminé. Car le livre est justement le récit des vingt-quatre heures qui s’écoulent entre ce coup de pistolet et cette mort, le temps que la balle a mis pour parcourir trois ou quatre mètres vingt-quatre heures « en trop ».

Quatrième de couverture de la 1ère édition


« Rétrospectivement, le premier roman édité de Robbe-Grillet, Les Gommes (c'est en réalité le second), se révèle étonnamment prophétique de ses œuvres à venir : loin d'apparaître comme un ouvrage expérimental, ou un exercice de style dans un genre mixte - roman policier avec descriptions « objectales » –, il se présente comme l'archétype même du roman robbe-grilletien. Dans Les Gommes, ainsi que dans toutes les œuvres de Robbe-Grillet, le protagoniste décrit une trajectoire circulaire le ramenant en apparence à son point de départ – un peu comme s'il décrivait un cercle de Jean-Baptiste Vico. Pourtant, malgré la ressemblance des situations initiale et finale, le destin se trouve inéluctablement modifié. Le fabuleux serpent gnostique Ouroboros se mord la queue : telles les écailles bariolées de son corps sinueux, les objets et les scènes des Gommes composent une série secrète d'éléments dont chacun, en dépit de l'imbrication générale, calculée, semble persister obstinément dans une existence aberrante, injustifiable. Bien que des comptes rendus élogieux aient salué les Gommes dès sa parution (Jean Blanzat déclara qu'il était « un livre d'une surprenante autorité », et Jean Cayrol « un roman altier [..], un grand livre »), le roman passa plus ou moins inaperçu du grand public. C'est Roland Barthes, le premier exégète important de Robbe-Grillet qui lança, dans « Littérature objective » et « Littérature littérale », deux articles importants publiés par Critique, certaines idées maîtresses de la critique robbe-grilletienne qui ont guidé depuis lors nombre de ceux qui s'y consacrent. »

Bruce Morissette

ISBN
PDF : 9782707324139
ePub : 9782707324122

Prix : 8.99 €

En savoir plus

On trouvera aux Editions 10/18 - Imec un ouvrage intitulé Dossier de presse de "Les Gommes" et "Le Voyeur" ( 2005, 320 p., ISBN 2.264.04174.9).

Bernard Dort (Les Temps Modernes, 1953)

« Roman policier ou conte métaphysique ? Les Gommes participent sans doute de l'un et de l'autre, à mi-chemin entre Simenon et Joyce, entre Ellery Queen et Maurice Blanchot. Mais on s'aperçoit vite qu'Alain Robbe-Grillet se joue de ces références. »

Gabriel Venaissin (La Vie Intellectuelle, 1953)


« L'œuvre a l'épaisseur d'une existence, le poids d'un art, et la rigueur d'un roman policier. »

Pierre Fournier (France-Soir, 1953)

« La parfaite réussite de l'auteur, qui possède des moyens d'une variété étonnante, réside dans la solidité de sa démonstration. On en sort avec une impression de vertige. »

A. Monnier (Les Nouvelles Littéraires, 1953)

« La situation est neuve et le “ prière d'insérer ” a raison de faire allusion à Einstein. En somme, Les Gommes sont le récit d'une journée effacée du calendrier. »

Jean Blanzat (Liens, 1953)

« Signé d'un nom qui sonne neuf, mais qui demain nous sera familier, voici un livre d'une surprenante autorité. Parmi tout ce qu'il faudrait louer de remarquable dans Les Gommes, je voudrais signaler l'exigence de l'écrivain, la gravité du dessein, l'habileté et la maîtrise de l'exécution. L'attention que l'on demande au lecteur est, pour une fois amplement justifiée. »

Roland Barthes (L'Observateur, 1953)

« Robbe-Grillet travaille à introduire dans le récit un mixte nouveau d'espace et de temps, ce que l'on pourrait appeler une dimension einsteinienne de l'objet. Ceci est d'autant plus important que, littérairement, nous vivons encore dans une vision purement newtonienne de l'univers : Camus ou Breton décrivent un paysage comme Chateaubriand ou Lamartine. »

Jean Cayrol (Revue de la Pensée française, New York, 1953)

« J'ai lu attentivement ce roman altier, fait d'un seul bloc, qui ne nous demande rien, ne cherche pas à nous séduire par les vieux moyens, à nous endormir, à nous bercer. Sa nouveauté, le profond remue-ménage qu'il provoque en nous en fait un grand livre. Nous n'oublierons pas Les Gommes de si tôt. »

 




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