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Bulletin d'abonnement
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Présentation
Ce numéro s'ouvre par la présentation
et la traduction des conférences consacrées en 1917
par Husserl à " L'idéal de l'humanité selon
Fichte ", qui, loin de se limiter à un manifeste patriotique
conjoncturel, procèdent à une explication avec la philosophie
fichtéenne rendue nécessaire par l'évolution
de Husserl vers un idéalisme transcendantal : ce dernier,
partant " d'en bas ", procédant par analyses purement
descriptives et aspirant au statut de science rigoureuse, peut-il
se reconnaître dans le style spéculatif de la Weltanschauungsphilosophie et
de la Lebensweisheit fichtéennes ? Apparaît
une affinité inattendue
entre la phénoménologie husserlienne et la doctrine
tardive de Fichte sur Dieu, dessinant la voie programmatique d'une " théologie
phénoménologique " qui articule de façon
structurelle et téléologique les niveaux éthiques
de l'humanité.
L'article suivant, consacré par D. Henrich à la Logique de
Hegel, donne un commentaire analytique de la Logique de la réflexion
- l'un des passages les plus ardus de la " Logique de l'Essence " -
en partant d'un double précepte de méthode : accorder
la Logique avec les exigences générales de la pensée
hégélienne, et considérer que ce texte n'est
pas toujours adéquat à son contenu et qu'il requiert
des reformulations. L'exégète part ainsi de la formule
selon laquelle " il faut déterminer la substance comme
sujet ", considérée comme principe programmatique
de la philosophie hégélienne et comme fondement du
caractère dynamique de sa logique, pour tenter d'élucider
jusque dans le détail l'argumentation hégélienne.
Dans " La controverse sur la négation de Bolzano à Windelband ",
D. Seron s'attache au " problème de la négation ",
qui a traversé la philosophie germanique du XIXème
et de la première moitié du XXème siècle,
et se définit par un ensemble de questions fondamentales :
l'affirmation et la négation sont-elles co-originaires, ou
l'une se laisse-t-elle dériver de l'autre ? la négation
est-elle assimilable à l'acte de nier ou appartient-elle au
contenu sémantique idéal visé par cet acte ?
si la négation est un acte de rejet, que rejette-t-elle ?
s'identifie-t-elle à une diairesis, et implique-t-elle
une
synthesis entre contenus de représentation ? D. Seron
retrace l'histoire de ce problème qui, ancrée dans
la Logique de Lotze et la Doctrine de la science de Bolzano, conduit à Husserl
et Frege.
Enfin, dans " L'abyme de la politique ", A. Boyer s'attache à un
point central de la pensée rousseauiste : il met en question
l'interprétation, donnée par A. Philonenko - objet
d'un consensus général -, de la notion de volonté générale à partir
du modèle mathématique du calcul intégral, qui
l'identifie à la somme des différences entre volontés
singulières. L'enjeu, double, est de prévenir contre
la clarification illusoire apportée par la mathématisation
de notions politiques, et surtout de dénoncer la conception
d'une volonté générale résultant immédiatement
d'une opération mathématique - au motif qu'elle fait
totalement abstraction des médiations concrètes nécessaires à son élaboration,
c'est-à-dire du travail de confrontation effective des volontés
individuelles dans l'espace public.
D. P
Sommaire
EDMUND HUSSERL
L'idéal de l'humanité selon Fichte
Trois leçons (1917)
Traduit par Hichan-Stephane Afeissa
DIETER HENRICH
Hegel et la logique de la réflexion (I)
Traduit par Jérémie Rostan
DENIS SERON
La controverse sur la négation de Bolzano à Windelband
ALAIN
BOYER
L'abyme de la politique, ou : de l'intégration des différences
NOTES
DE LECTURE
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