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© Marc Trivier |
| Heiner Müller est né en 1929 en Saxe et il est mort
en décembre 1995 à Berlin.
Il a fait paraître
aux éditions de Minuit :
Hamlet-Machine précédé de
Mauser - Horace - Herakles 5 - Le Père
- Deux lettres - Avis de décès
- Adieu à la pièce didactique -
Autoportrait deux heures du matin le 20 août
1959 - Projection 1975.
Traduit de l'allemand par J. Jourdheuil et H.
Schwarzinger.
1979. Nouvelle édition augmentée
1985. 104 p., 9,50 €, ISBN 2.7073.1033.6
La Mission suivi de Prométhée -
Vie de Gundling - Frédéric de Prusse
sommeil rêve cri de Lessing - Quartett.
Traduit de l'allemand par J. Jourdheuil et H.
Schwartzinger.
1982. 152 p., 8,23 €, ISBN 2.7073.0616.9
Germania mort à Berlin et autres
textes (Rivage à l'abandon - Matériau
- Médée - Paysage avec Argonautes
- Paysage sous surveillance - Pièce de
cœur - Poèmes - Medeaspiel - Le
Dieu bonheur).
Traduit de l'allemand par J. Jourdheuil, H. Schwarzinger,
F. Peyret, J.-L. Besson, J.-L. Backès.
1985. 136 p., 9,76 €, ISBN 2.7073.1032.8
La Bataille et autres textes (Rapport sur le
grand-père - Boucher et femme - La Croix
de fer - Histoire d'amour - Libération
de Prométhée - Héraclès
II ou l'hydre - Ouverture russe - Forêt
près de Moscou - Le Duel - Centaures -
L'Enfant trouvé).
Traduit de l'allemand par J. Jourdheuil, H. Schwarzinger,
J.-P. Morel.
1988. 96 p., 11 €, ISBN 2.7073.1157.X
Ciment suivi
de La Correction
Traduit de l'allemand par J.-P. Morel, J. Jourdheuil,
B. Perregaux.
1991. 128 p., 9,91 €, ISBN 2.7073.1383.1
Anatomie titus fall of Rome. Un commentaire de
Shakespeare
Traduit de l'allemand par J.-L. Besson et J.
Jourdheuil.
2001. 112 p., 9,91 €, ISBN 2.7073.1760.8
Manuscrits de Hamlet-machine
Transcription de Julia Bernhard.
Traduit de l'allemand par J. Jourdheuil et H.
Schwarzinger.
2003. 160 p., 24 €, ISBN 2.7073.1837.X
Macbeth d'après
Shakespeare
Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Morel
112 p., 12 €, ISBN 2.7073.1951.1
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Présentation
Avec Macbeth (1971), Müller
fait sa première grande tentative pour réécrire
une pièce de Shakespeare, avant Hamlet-machine (1977)
et Anatomie Titus (1982). Exclu depuis dix ans de l'Union
des écrivains,
empêché de traiter les sujets contemporains qui
avaient fait sa réputation, il a essayé de rompre
son isolement en traduisant ou adaptant des tragédies
grecques ; à une exception près, elles n'ont pas été jouées
en RDA, mais leur succès à l'extérieur,
et d'abord en RFA, a commencé à faire de lui un
auteur connu. Shakespeare est une autre carte pour reprendre
pied dans son pays.
Conçu comme une nouvelle traduction, puis devenu une adaptation
plus complexe, Macbeth (1971) est créé en
même
temps en RDA, sans éclat particulier, et à Bâle
avec un succès de scandale (mars 1972). La pièce
provoque pourtant en RDA une polémique inattendue, qui
va durer près d'un an. Müller a-t-il fait œuvre
originale ou s'est-il borné à ajouter à Shakespeare " une
bonne dose de sexe ", créant ainsi " une source
de névroses " pour le public socialiste ? N'a-t-il
pas renchéri de brutalité ou même de sadisme
sur son modèle, imitant la " vague de cruauté " du
cinéma occidental des mêmes années ?
Sa façon
de traiter les seigneurs, les paysans et les sorcières
montre-t-elle sa conscience du monde contemporain ou trahit-elle,
au contraire, l'étendue de son " pessimisme historique " ?
Ces questions divisent le milieu littéraire, l'Université et
le monde politique. La pièce est mal vue des idéologues
officiels, mais la principale attaque contre elle vient d'un
opposant au régime communiste et ancien prisonnier politique,
Wolfgang Harich, philosophe connu. Il conteste que Macbeth soit
une vraie pièce de Müller, tout en la jugeant " réactionnaire
dans le contenu " et " bâclée dans la
forme ". Bien qu'il garde le silence, Müller s'est à nouveau
taillé une place en RDA. Il échappe définitivement à la
tutelle de l'esthétique marxiste, officielle ou contestataire.
Ses détracteurs ont voulu l'accabler en le comparant à Ken
Russell, Sam Peckinpah et surtout Stanley Kubrick (Orange
mécanique),
sans se demander s'il n'aurait pas plutôt des liens avec
Welles ou Kurosawa : il en profite pour renforcer son image de
novateur.
Les questions débattues en 1972-73 accompagneront son œuvre
jusqu'à la fin. Dix ans après sa mort, on voit
l'ambivalence de la relation créatrice qu'il avait nouée
avec Shakespeare : adapter celui-ci, c'était à la
fois une " transfusion de sang " indispensable pour
continuer à écrire et un risque assumé,
celui de céder à l'attrait de la répétition
au détriment de la nouveauté des temps (" nous
ne serons pas à bon port tant que Shakespeare écrira
nos pièces "). Une fois encore, Müller dérangera
autant ceux qui attendent de lui un message politique de format
courant que ceux pour qui il n'y aurait rien à comprendre à ses
histoires " de bruit et de fureur ".
Jean-Pierre Morel
Presse
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