Accueil  Nouveautés  Catalogue  Historique  Brèves  Lettre d'infos  Ind. œuvres  Ind. auteurs  Contacts    

resume-extrait-presse-auteur.gif (2149 octets)

Heiner Müller

Macbeth d'après Shakespeare

Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Morel
112 p., 12 €, ISBN 2.7073.1951.1

Les premières pages


© Marc Trivier

Heiner Müller est né en 1929 en Saxe et il est mort en décembre 1995 à Berlin.

Il a fait paraître
aux éditions de Minuit :

Hamlet-Machine précédé de Mauser - Horace - Herakles 5 - Le Père - Deux lettres - Avis de décès - Adieu à la pièce didactique - Autoportrait deux heures du matin le 20 août 1959 - Projection 1975.
Traduit de l'allemand par J. Jourdheuil et H. Schwarzinger.
1979. Nouvelle édition augmentée 1985. 104 p., 9,50 €, ISBN 2.7073.1033.6
La Mission suivi de Prométhée - Vie de Gundling - Frédéric de Prusse sommeil rêve cri de Lessing - Quartett.
Traduit de l'allemand par J. Jourdheuil et H. Schwartzinger.
1982. 152 p., 8,23 €, ISBN 2.7073.0616.9
Germania mort à Berlin et autres textes (Rivage à l'abandon - Matériau - Médée - Paysage avec Argonautes - Paysage sous surveillance - Pièce de cœur - Poèmes - Medeaspiel - Le Dieu bonheur).
Traduit de l'allemand par J. Jourdheuil, H. Schwarzinger, F. Peyret, J.-L. Besson, J.-L. Backès.
1985. 136 p., 9,76 €, ISBN 2.7073.1032.8
La Bataille et autres textes (Rapport sur le grand-père - Boucher et femme - La Croix de fer - Histoire d'amour - Libération de Prométhée - Héraclès II ou l'hydre - Ouverture russe - Forêt près de Moscou - Le Duel - Centaures - L'Enfant trouvé).
Traduit de l'allemand par J. Jourdheuil, H. Schwarzinger, J.-P. Morel.
1988. 96 p., 11 €, ISBN 2.7073.1157.X
Ciment suivi de La Correction
Traduit de l'allemand par J.-P. Morel, J. Jourdheuil, B. Perregaux.
1991. 128 p., 9,91 €, ISBN 2.7073.1383.1
Anatomie titus fall of Rome. Un commentaire de Shakespeare
Traduit de l'allemand par J.-L. Besson et J. Jourdheuil.
2001. 112 p., 9,91 €, ISBN 2.7073.1760.8
Manuscrits de Hamlet-machine
Transcription de Julia Bernhard.
Traduit de l'allemand par J. Jourdheuil et H. Schwarzinger.
2003. 160 p., 24 €, ISBN 2.7073.1837.X
Macbeth d'après Shakespeare
Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Morel
112 p., 12 €, ISBN 2.7073.1951.1

Présentation

Avec Macbeth (1971), Müller fait sa première grande tentative pour réécrire une pièce de Shakespeare, avant Hamlet-machine (1977) et Anatomie Titus (1982). Exclu depuis dix ans de l'Union des écrivains, empêché de traiter les sujets contemporains qui avaient fait sa réputation, il a essayé de rompre son isolement en traduisant ou adaptant des tragédies grecques ; à une exception près, elles n'ont pas été jouées en RDA, mais leur succès à l'extérieur, et d'abord en RFA, a commencé à faire de lui un auteur connu. Shakespeare est une autre carte pour reprendre pied dans son pays.
Conçu comme une nouvelle traduction, puis devenu une adaptation plus complexe, Macbeth (1971) est créé en même temps en RDA, sans éclat particulier, et à Bâle avec un succès de scandale (mars 1972). La pièce provoque pourtant en RDA une polémique inattendue, qui va durer près d'un an. Müller a-t-il fait œuvre originale ou s'est-il borné à ajouter à Shakespeare " une bonne dose de sexe ", créant ainsi " une source de névroses " pour le public socialiste ? N'a-t-il pas renchéri de brutalité ou même de sadisme sur son modèle, imitant la " vague de cruauté " du cinéma occidental des mêmes années ? Sa façon de traiter les seigneurs, les paysans et les sorcières montre-t-elle sa conscience du monde contemporain ou trahit-elle, au contraire, l'étendue de son " pessimisme historique " ?
Ces questions divisent le milieu littéraire, l'Université et le monde politique. La pièce est mal vue des idéologues officiels, mais la principale attaque contre elle vient d'un opposant au régime communiste et ancien prisonnier politique, Wolfgang Harich, philosophe connu. Il conteste que Macbeth soit une vraie pièce de Müller, tout en la jugeant " réactionnaire dans le contenu " et " bâclée dans la forme ". Bien qu'il garde le silence, Müller s'est à nouveau taillé une place en RDA. Il échappe définitivement à la tutelle de l'esthétique marxiste, officielle ou contestataire. Ses détracteurs ont voulu l'accabler en le comparant à Ken Russell, Sam Peckinpah et surtout Stanley Kubrick (Orange mécanique), sans se demander s'il n'aurait pas plutôt des liens avec Welles ou Kurosawa : il en profite pour renforcer son image de novateur.
Les questions débattues en 1972-73 accompagneront son œuvre jusqu'à la fin. Dix ans après sa mort, on voit l'ambivalence de la relation créatrice qu'il avait nouée avec Shakespeare : adapter celui-ci, c'était à la fois une " transfusion de sang " indispensable pour continuer à écrire et un risque assumé, celui de céder à l'attrait de la répétition au détriment de la nouveauté des temps (" nous ne serons pas à bon port tant que Shakespeare écrira nos pièces "). Une fois encore, Müller dérangera autant ceux qui attendent de lui un message politique de format courant que ceux pour qui il n'y aurait rien à comprendre à ses histoires " de bruit et de fureur ".

Jean-Pierre Morel

Presse


fleche.gif (1325 octets)

 

 

 

 

 



© Les Éditions de Minuit