
© Thomas Bilanges |
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Clément Rosset est
né en 1939. Il a enseigné la philosophie à
l'université de Nice.
Il a fait paraître aux Editions de Minuit :
Le réel. Traité de lidiotie
1978, 160 p., 13,50 €
2004. " Reprise "
160 p., 9,50 €,
Lobjet singulier
1979-1985, 112 p., 9,91€
La force majeure
1983, 102 p., 10 €
Le philosophe et les sortilèges
1985, 120 p., 13 €
Le principe de cruauté
1988, 96 p., 10,52 €
Principes de sagesse et de folie
1992, 128 p., 10,52 € F
En ce temps-là.
Notes sur Louis Althusser
1992, 48 p., 5,34 €
Le choix des mots
suivi de La joie et son paradoxe
1995, 160 p., 10,37 €
Le démon de la tautologie
suivi de Cinq petites pièces morales
1997, 96 p., 9,91 €
Loin de moi
Étude sur l'identité
1999, 96 p., 10 €
Le régime
des passions
2001, 96 pages, 9,91 €
Impressions
fugitives
2004. 80 p., 9,50 €
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Présentation
Qu'est-ce que le réel et de
quelle façon perçoit-on la réalité ?
Est-ce que l'existence, manifestation de la réalité,
est une notion déterminée par un sens précis
ainsi que l'exprime la philosophie hégelienne en définissant
le réel par le rationnel ou ne procède-t-elle pas d'une
série de hasards, quelconques, qui finissent par déterminer
un sens, un peu à la manière de Malcolm Lowry quand
il décrit dans Au-dessus du volcan, le chemin que décide
finalement de suivre, le consul complètement ivre ?
Autrement dit est-ce que le réel résulte
d'une logique interne déterminée et explicable ou bien
n'est-il pas plutôt le fait de l'idiotie, c'est-à-dire
de quelque chose d'à la fois solitaire, unique et inconnaissable
? (si le mot grec idiotes décrit une personne dénuée
d'intelligence et de raison, il signifie d'abord simple, particulier,
unique).
Cette interrogation du réel que propose Clément
Rosset part d'une position critique face à la philosophie traditionnelle.
Elle remet en question Kant et ses deux ouvrages fondamentaux, la
Critique de la raison pure et la Critique de la raison pratique,
considérées comme " Critiques non critiquante
", et qui, selon l'auteur, débouchent toujours sur une
forme de dogmatisme, mais elle s'oppose aussi à Hegel qui construit
son système sur le concept de Savoir absolu, lequel ne donne
que " l'illusion " d'un sens se développant à
travers l'Idée, la Raison et l'Esprit. Clément Rosset
en vient donc également à s'opposer aux " continuateurs
contemporains " de Hegel, c'est-à-dire Bataille, Derrida
et Lacan dont les travaux sont toujours fondés sur l'espoir
d'un savoir, d'une explication à venir et pour qui tout se
passe comme dans Le Procès de Kafka où l'on attend
toujours d'avoir accès à la Loi.
Remettant en question la quête obstinée
de la philosophie à vouloir percer le sens et la raison du
devenir et de l'histoire, Clément Rosset entend rendre le réel
à lui-même, à l'insignifiance. Il ne s'agit pas
pour lui de décrire la réalité comme absurde
ou inintéressante, mais à dissiper les faux sens qui
l'entoure : il n'y a pas de mystères dans les choses, il y
a un mystère des choses. Inutile de creuser les choses pour
leur arracher un secret qui n'existe pas, c'est dans leur existence
que les choses sont incompréhensibles.
L'étude du consul ivrogne d'Au dessus
du volcan comme celles du désarroi amoureux ou de l'art
apparaissent à l'auteur être les seules possibilités
d'accès au réel. Elles se substituent aux démarches
intellectuelles qui ne sont jamais que des spectacles du réel.
Clément Rosset analyse donc le sens que l'on
donne au réel, comme sa version édulcorée, de
la même façon qu'il étudie dans une seconde partie
de l'ouvrage la grandiloquence - à travers laquelle on saisit
Le réel dans l'écriture, la peinture, la musique et
le cinéma - comme un moyen de lui échapper par le biais
du langage et de la représentation.
Au terme de l'ouvrage se dessine le réel
dans une perspective double, celle qu'offre l'idiotie : " Si
le sort le plus général du réel est d'échapper
au langage, le sort le plus général du langage est de
manquer le réel. Il existe une chose indépendante du
langage, qu'on appelle la réalité ".
Presse
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