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Marie NDiaye

La sorcière

Collection de poche « Double »
volume double., 5,60 €
ISBN : 2.7073.1810.8

Les premières pages

 

Marie Ndiaye © Jean-Yves Cendrey
© Jean-Yves Cendrey

Marie NDiaye est née en 1967 à Pithiviers.

Elle a fait paraître aux Editions de Minuit :
Quant au riche avenir
1985, 120 p., 12,50 €
La femme changée en bûche
1989, 160 p., 12,04 €
En famille
1991, 320 p., 14,94 €
Un temps de saison
1994, 144 p., 10,52 €
La sorcière
1996, 192 p., 12,96 €
Hilda
1999, 96 p., 10 €
Rosie Carpe
2001, 344 p., 19,06 €
Papa doit manger
2003, 96 p., 9 €
Tous mes amis
2004. 176 p., 13 €
Les serpents
2004. 80 p., 6,50 €

Coll. de poche « Double »
La Sorcière
2003. Vol. double, 5,30 €
Un temps de saison
2004. Vol. triple. 6,70 €

Présentation

   Lucie n'est pas une sorcière talentueuse. Ses deux filles, elles, se révèlent extrêmement douées, au-delà des prétentions et des espoirs de Lucie qui n'aspirait qu'à en faire des sorcières efficaces. Quant à la mère de Lucie, son génie est absolu. Mais qui sont les corneilles ? Est-on plus libre, de prendre la place des oiseaux, leur forme et leur aspect, et d'imiter leur cri ?

Presse

Le travail de Marie NDiaye consiste à s'améliorer de livre en livre, à creuser plus net le sillon, à traquer les facilités de plume, à parfaire son observation du monde et à se méfier, en bon classique, de ses sons, qui sont riches et nombreux. Il est précisément question de dons dans La Sorcière ; des dons de voyance et de métamorphose qu'on se transmet de mère en fille dans la famille de Lucie. Lucie n'est pas une sorcière très douée ; ses visions sont plutôt courtes et souvent parcellaires : inefficaces, donc, dans un monde où l'efficacité est devenue la pierre de touche des valeurs. Car Lucie est une sorcière de notre temps. Elle habite un pavillon dans un lotissement de banlieue pour classes moyennes ; elle est dotée d'un mari qu'elle n'aime pas davantage qu'il ne l'aime et qui bientôt va la quitter pour aller retrouver, à Bourges - capitale de la sorcellerie -, une autre femme et un autre foyer. Elle a surtout deux filles, des jumelles, Maud et Lise, qui ayant atteint l'âge de douze ans, celui de la puberté, sont à leur tour initiés aux rites de voyance et se révèlent d'emblée infiniment mieux pourvues que leur mère et dotées de surcroît d'un solide sens pratique et d'un non moins redoutable égoïsme.

Pierre Lepape, Le Monde

 

Avec son goût de l'insolite, son penchant pour la fantaisie, Marie NDiaye nous promène aux frontières du réel. A coups de notations simples, d'interrogations sans réponses, d'étonnements divers, elle nous fait basculer dans un monde inquiétant, incertain, qui n'est pas tant celui de la sorcellerie que celui de la solitude. Qu'importe qu'elle soit ou non sorcière, cette Lucie qui voit ses filles lui échapper, son mari fonder ailleurs un autre foyer ou ses parents vieillir d'une étrange manière ; c'est sa détresse qui nous touche, sa timidité qui nous émeut. Mais Marie NDiaye la virtuose ne veut pas jouer le jeu de l'émotion ordinaire, elle casse les pentes trop douces de la compassion, elle brouille les pistes, elle substitue le rire aux larmes. Et comme les plus grands écrivains, elle nous envoûte.

Michèle Gazier, Télérama

 

Qu'on ne se méprenne pas, La Sorcière n'est pas un rêve, c'est un véritable roman qui ne s'oublie pas comme les rêves s'évanouissent, une vraie histoire, sinon une histoire vraie, qui force le lecteur à l'admettre, comme on admet les rêves. A la fin, Lucie est seule, son petit don de voyance inapte au bonheur de survivre, tout est perdu au point que le lecteur chagrin se demande s'il était bien nécessaire de laisser Lucie faire.

Jean-Baptiste Harang, Libération

 

 

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Conception et réalisation : Philippe Menestret