
© Louis Monier/Gamma |
Hélène Lenoir est née en 1955.
Elle a fait paraître aux Editions de Minuit :
La brisure
1994, 128 p., 10,52 €
Bourrasque
1995, 160 p., 12,96 €
Elle va partir
1996, 176 p. 12,96 €
Son nom d'avant
1998, 224 p., 12,96 €
Le magot de Momm
2001, 192 p., 11,89 €
Le répit
2003, 128 p., 9,50 €
Coll. de poche « Double »
Son nom d'avant
2001, 224 p., vol. triple, 6,56 €
La brisure
2003, vol. double, 5,30 € |
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Présentation
Un petit tableau représentant une scène amoureuse est
retrouvé en morceaux, une dizaine peut-être…
Ça commence banalement par un baiser... et, dès le moment où ils
s'écartent, où ils se mettent à parler, à mal entendre, à sous-entendre, à
croire entendre... ça se fissure, ils prennent peur, ils ne peuvent plus se
toucher.
Ou alors ils établissent un code et ils s'installent dans cette matière
figée, reproduisent les mécanismes qui les font fonctionner depuis
l'enfance, l'un mangeant goulûment l'autre qui se laisse voluptueusement
faire, engourdi par le charme… Ou bien ils sont expulsés et c'est peut-être
leur seule chance, quand ils ont encore assez de force pour se tenir
debout...
Presse
En avril 1994, lors de la parution de La Brisure,
Raphaëlle Rérolle écrivait dans Le Monde :
Les auteurs débutants ont cela de touchant qu'ils
disposent rarement des mêmes artifices que leurs aînés pour masquer leurs
éventuelles faiblesses - du moins quand les éditeurs ne se sont pas évertués
à retravailler les textes pour leur donner un aspect plus "présentable".
L'aisance qui camoufle certaines banalités ne leur est pas chose familière,
lacune fatale à beaucoup d'entre eux, mais qui fait la force de
quelques-uns. Ainsi du livre d'Hélène Lenoir, tout entier charpenté par une
écriture sobre et forte, loin des fioritures et des dérives esthétisantes
auxquelles cèdent parfois les jeunes romanciers. En dépit de quelques rares
naïvetés de style, cet ouvrage est de ceux dont émane une voix, un ton
singulier que l'on n'oublie pas.
En dix petits tableaux, le livre aligne une série de textes brefs,
nouvelles repliées autour d'un événement minuscule, une fêlure dans le
quotidien. C'est l'angoisse d'attendre quelqu'un qui ne vous aime plus, la
délectable horreur de la soumission à autrui, la chair qui se hérisse à
découvrir un air de concupiscence au vieux bonhomme croisé dans la rue.
Scrutant les moindres soubresauts de l'esprit, l'œil du narrateur se tient
faussement à distance, employant la troisième personne du singulier ou même
le voussoiement à l'égard des protagonistes. En fait, cet œil se trouve au
centre même des émotions, des peines et des dégoûts, à l'extrême pointe des
sensations.
L'unité de ton est très nette, en dépit d'une certaine diversité de
formes. Bien que l'auteur s'essaie à plusieurs modes narratifs distincts et
que les récits soient en apparence très séparés les uns des autres, La
Brisure n'en constitue pas moins une entité unique. A observer de près
les titres des différentes nouvelles, le lecteur s'aperçoit qu'elles
évoluent d'une forme de neutralité légère (Tableautin, Une île en Grèce
ou les Sports d'hiver) vers un ton qui tourne au tragique (Un sale
quartier, Trahison ou l'Ogresse). L'écriture, elle, décrit le
drame de l'appropriation d'un être par un autre et la hantise de l'abandon,
certaines images, comme celle des " tentacules ", formant écho d'un texte à
l'autre. Hélène Lenoir dit un monde où l'enfance fuit et où le désir sépare
plus qu'il ne réunit, un univers d'où le pathos a été banni. C'est là son
talent et la puissance contenue de sa voix.
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