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Christian Oster, Dans le train

 

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Christian Oster

Dans le train

160 p., 11,90 €
ISBN 2.7073.1791.8

Les premières pages

 

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© John Foley/Opale

Christian Oster est né en 1949.

Il a fait paraître aux Editions de Minuit :
Volley-ball
 1989, 128 p., 14,50 €
 L’aventure
 
1993, 224 p., 13,57 €
 Le pont d’Arcueil
 
1994, 256 p., 14,48 €
 Paul au téléphone
 
1996, 256 p., 14,94 €
 Le pique-nique
 
1997, 192 p., 13,42 €
 Loin d’Odile
 
1998, 144 p., 10,37 €
 Mon grand appartement
 Prix Médicis 1999
 1999, 256 p., 14,48 €
Une femme de ménage
2001, 240 p., 14,48 €
en collection de poche "Double", 6,70 €
Dans le train
2002, 160 p., 11,90 €
Les rendez-vous
2003. 160 p., 12 €
L'imprévu
2005. 256 p. 55 €

Présentation

     Un jour, sur un quai, un homme de taille moyenne tenait à la main un sac très lourd. Cet homme, c'était moi, mais ce n'était pas mon sac. C'était celui d'une femme. Je ne la connaissais pas. Je suis monté avec elle dans le train.

 

A propos de Christian Oster.

     Au moment de la sortie de Mon grand appartement, Marie-Laure Delorme avait rencontré Christian Oster et elle faisait son portrait dans Livres Hebdo :

     Avant de s’asseoir, il dispose devant lui une pochette de couleur remplie de feuilles de papier : « Ce sont des notes sur mes livres. Au cas où j’en aurais besoin. Je ne me souviens jamais de ce que j’écris. » Rencontrer Christian Oster est une épreuve, entre ce que l’on peut répéter (« ça, vous pouvez l’écrire »), ce que l’on ne peut pas répéter « ça, il ne faut surtout pas l’écrire ») et ce que l’on peut à la fois répéter et ne pas répéter (« ça, mieux vaut peut-être ne pas l’écrire... »). Excusé. Car Christian Oster est un excellent romancier. Par la seule force de son style, il réussit à bâtir des univers à la fois atypiques et quotidiens, singuliers et réalistes. Des univers ouverts à tous les possibles. Il y a, dans chacun de ses livres, une extraordinaire fluidité d’être.
     Né en 1949, Christian Oster s’est tourné vers la littérature par nécessité. Vouloir écrire bien ce que l’on dit mal. « Je me suis lancé par inhibition. Un début, en somme, classique : ce besoin de se confier à la page blanche.  » Il est surveillant dans un lycée puis vendeur dans une librairie avant d’en être licencié. Durant cette période de chômage, à laquelle il mettra fin en devenant correcteur, il écrit des polars pour le Fleuve noir. Est-ce bien sa vocation ? « J’en avais déjà écrit un pour Libération. Mais ils me l’avaient renvoyé en me disant que c’était, non pas un polar, mais de la science-fiction.  » (…) Il s’apprête à écrire son quatrième policier lorsqu’il découvre Cherokee, de Jean Echenoz, publié aux éditons de Minuit. Un choc. « J’ai envoyé mon quatrième polar à Jérôme Lindon. Il me l’a refusé. Pas assez crédible.  » Christian Oster écrit alors l’histoire d’un homme qui veut se remettre au volley-ball. En 1989, Volley-Ball est publié chez Minuit. Depuis, Christian Oster a écrit sept romans pour le même éditeur. Sans oublier ses livres pour la jeunesse parus à L’école des loisirs. « Je suis le rythme des saisons. Je travaille principalement en hiver. C’est alors moins agréable de sortir de chez soi. Et puis, d’autre part, je n’ai pas le coffre nécessaire pour raconter une histoire qui correspondrait à un projet de trois ans. Dans mes livres, on ne part pas en Amazonie : on est comme à la maison.  » Christian Oster élabore des romans à la maîtrise parfaite. Des personnages foncent dans la vie comme sur une porte en verre : comment attraper le réel lorsqu’on ne le voit pas ? (…) Mon grand appartement, son dernier livre, se situe à mi-chemin entre la complexité du Pont d’Arcueil et la simplicité de Loin d’Odile. Comme une synthèse de ses talents.

Presse

Dans la dérive des sentiments

     Homme de parole, Christian Oster l'est à un autre titre. Mais cette fois, il faut entendre le mot au pluriel. Ainsi, à propos d'Anne, l'héroïne de ce dernier opus, l'auteur précise qu'elle a toujours eu du mal avec les mots comme avec les hommes. Notons en passant que le rapprochement n'est en rien indu, qu'il touche même étonnamment juste. Non pas seulement dans la description des femmes, mais dans celle du genre humain en tant qu'il est sexué. Pomme de discorde, la différence des sexes entraîne dans son sillage des malentendus multiples. "Avoir du mal avec les hommes" (ou donc avec les femmes, si l'on prend les choses dans l'autre sens), c'est, solidairement, avoir du mal avec les mots. Tout le drame, et, plus prosaïquement, la préoccupation constante des héros de Christian Oster se trouve d'ailleurs là. Ce qui explique qu'ils parlent beaucoup, sans fin, qu'ils analysent et ratiocinent à la moindre occasion, sur la plus petite circonstance. Certes, il s'agit souvent d'une parole tenue pour soi seul, d'un muet monologue. Mais c'est notre privilège de lecteur de n'en pas rater une miette.
     Ne mettons pas davantage à jour les ressorts de cette mécanique de précision. Soulignons simplement qu'elle s'alimente à une double source : un humour subtilement impassible et la pathétique maladresse de tout sentiment humain.

Patrick Kéchichian, Le Monde, 4 avril 2002

 

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