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Début août, dans un site montagneux, près d'un lac, deux hommes, un jeune et un vieux, s'ignorent. L'un cherche du travail. L'autre a trouvé une maison pour les vacances, il emménage. Ils ne peuvent donc pas se rencontrer. Sauf si le jeune trouve du travail, c'est la première condition. La seconde, ce serait que le vieux ait besoin des services du jeune. En vacances, normalement, non. C'est pourtant ce qui va se passer. Comme si c'était écrit. Ca l'est, mais ce n'est pas aussi simple. Il y a des femmes dans cette histoire. On a envie de claquer des doigts en le
lisant et de se joindre à sa jam tendre et hilarante. Gailly sait
faire swinger la langue. C'est devenu si rare. Eblouissant ! Be-Bop refermé, on
sourit encore ravi. La maestria de certains écrivains vous en met plein la
vue et vous largue. Pas de danger que Christian Gailly vous traite de cette
façon. Par exemple, là, dans ce roman dont le titre annonce la couleur et où
il est beaucoup question de Charlie Parker, de Coltrane, de Gerry Mulligan,
le profane que nous sommes en matière de jazz, loin d'éprouver une
frustration, se sent complice. On pourrait dire que Gailly écrit comme il
pense, mais il est certainement plus exact de préciser qu'il pense comme il
écrit : c'est qu'il a compris, comme peu d'autres, que l'écriture n'est sans
doute pas ce point d'impact, ce but à atteindre un peu paralysant, mais bien
l'origine même de ce qu'on est, ou de ce qu'on veut être.
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© Les Éditions de Minuit
Conception et réalisation : Philippe
Menestret