
© Roland Allard |
Jean Echenoz est né en 1947 à Orange.
Il a fait paraître aux Editions de Minuit :
Le méridien de Greenwich
1979, 264 p., 14,48 €
Cherokee
1983, Prix Médicis 1983, 248 p., 13,57 €
Léquipée malaise
1987, 256 p., 13,57 €
Loccupation des sols
1988, 24 p., 3,05 €
Lac
1989, 192 p., 11,89 €
Nous trois
1992, 224 p., 12,65 €
Les grandes blondes
1995, 256 p., 13,42 €
Un an
1997, 112 p., 9,91 €
Je men vais
1999, Prix Goncourt 1999, 256 p., 14,48 €
Jérôme Lindon
2001, 64 p., 7 €
Au piano
2003. 224 p., 14,50€
Coll. de poche « Double »
Léquipée malaise
1999,
vol. triple, 256 p., 6,70 €
Je men vais
2001,
vol. triple, 256 p., 6,70 €
Cherokee
2003. Volume triple, 6,70 € |
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Présentation
Ce nest pas tout de quitter sa femme,
encore faut-il aller plus loin. Félix Ferrer part donc faire un tour au pôle Nord où
lattend, depuis un demi-siècle, un trésor enfoui dans la banquise.
Ce roman a obtenu le prix Goncourt en
1999.
Presse
« Je m'en vais », ce sont les
premiers mots prononcés par le héros du roman d'Echenoz, qui vient de décider de
quitter sa femme. Ce sont également les derniers mots du livre, émis par ce même héros
lorsque, après une année d'errance et d'aventures, le cur brisé, il revient
hanter ce que fut le domicile conjugal. La boucle est bouclée, la révolution est
terminée, la parenthèse se ferme, le héros a simplement un peu vieilli. Il a connu des
aventures qu'on dirait palpitantes à cause des dérèglements de son muscle cardiaque, il
est allé jusqu'au pôle Nord pour récupérer un trésor d'ancien art esquimau, il a
été volé et voleur, escroc et escroqué, séducteur et séduit, il a vécu. Il ne lui
en reste qu'un vague malaise et un essoufflement.
De livre en livre, depuis Le Méridien de Greenwich,
paru il y a vingt ans, Jean Echenoz s'est fait le cartographe de son temps. De ses
séismes, de ses catastrophes, de son imaginaire, de ses objets, de ses rêves et de sa
longue glissade hors du réel : dans les images, dans les fantasmes, dans les
rêveries de conquête, dans l'éloignement de soi et des autres. Je m'en vais, c'est
aussi la formule d'adieu d'un siècle bien incapable de savoir où il va et qui oublie
même de se poser la question. Il s'en va, c'est tout.
D'autres ont fait des drames. Par éthique littéraire,
Echenoz a choisi d'en jouer et d'en rire. Plus notre quotidien est immoral, conditionné,
soumis à la dictature de la marchandise, du mensonge et de la laideur, plus les discours
qui l'accompagnent en rajoutent sur la morale, la liberté, la vérité et la beauté.
Echenoz inverse la vapeur, sans proclamation, manifeste ou démonstration, ce qui serait
encore du spectacle et donc de l'illusion.
Pierre Lepape, Le Monde
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