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Georges Didi-Huberman est né à Saint-Etienne en
1953. Historien de lart et philosophe, il enseigne à lEcole des hautes
études en sciences sociales.
Il a fait paraître aux Editions
de Minuit :
La peinture incarnée suivi de « Le chef-duvre
inconnu »
dHonoré de Balzac, 1985, 168 p., 13,50 €
Devant limage, Question posée aux fins dune
histoire de lart
1990, 352 p., 18 ill. in-texte, 31,4 €
Ce que nous voyons, ce qui nous regarde
1992, 208 p., 42 ill. hors-texte, 19,36 € F
Phasmes - Essais
sur lapparition
1998, 256 p., 33 ill. in-texte, 22,21 €
2000. 96 p. dont 46 illustrations, 8,38 €
Devant le temps !
Histoire de l'art et anachronisme des images
2000, 288 p., 22,11 €
L'image
survivante
2002. 592 p., 27 €
Images
malgré tout
2004. 272 p., 22,50 €
Le
Danseur des solitudes
2006. 192 p., 15 €
Dans la même série « Fable du lieu » :
Létoilement
Conversation avec Hantaï
1998. 128 p., 18 illustrations in-texte, 11,50 €
La demeure,
la souche, Apparentements de lartiste
(Pascal Convert). 1999. 180 p., 35 illustrations
in-texte, 11,89 €
Être crâne. Lieu,
contact, pensée, sculpture
(Giuseppe Penone). 2000. 96 p. dont 46 illustrations,
8,50 €
Génie
du non-lieu. Air, poussière, empreinte, hantise
2001. 114 p., 12 €
Lhomme
qui marchait dans la couleur
2001. 96 p., 10 €
Geste
d'air et de pierre
2004. 96 p., 9 €
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Présentation
Mettre le temps au centre de toute pensée
de limage : nous sommes devant limage comme devant du temps car
dans limage cest bien du temps qui nous regarde.
Quel genre de temps ? Durée ou instantanéité ?
Continuité ou discontinuité ? Ecoulement ou écroulement ? Généalogie ou
nouveauté ? Les questions sont multiples. Ce livre tente de les reformuler, dans
toute lampleur des débats qui conditionnent, aujourdhui encore, notre
approche des images : depuis lantique fondation dune histoire de
lart chez Pline lAncien jusquaux plus récents débats sur lart
contemporain.
Au cur de ces dilemmes surgit une position dialectique
quincarnent spécialement quelques penseurs non académiques des années vingt et
trente, spécialement Walter Benjamin et Carl Einstein. Leur travail théorique est ici
relu comme une pensée de lanachronisme : les images ne sont ni les purs
fétiches intemporels que prône lesthétique classique, ni les simples chroniques
figuratives que prône lhistoire de lart positiviste. Elles sont des montages
de temporalités différentes, des symptômes déchirant le cours normal des choses. Quand
limage survient, lhistoire se « démonte », dans tous les sens du
mot. Mais alors, le temps se montre, il souvre dans toute sa complexité, dans son
montage de rythmes hétérogènes formant anachronismes.
Façon de repenser, dans limage, les rapports de notre
Maintenant avec lAutrefois. Façon de critiquer une certaine conception de
lhistoire en proposant, via lanachronisme cette part maudite de
lhistorien un nouveau modèle de temporalité. Façon de mettre limage
au centre de toute pensée du temps.
Table des matières
OUVERTURE. LHISTOIRE DE LART COMME DISCIPLINE ANACHRONIQUE
Devant limage : devant le temps. Paradoxe et part maudite. Il ny a
dhistoire quanachronique : le montage. Il ny a dhistoire que
danachronismes : le symptôme. Constellation de lanachronisme :
lhistoire de lart devant notre temps.
1. ARCHÉOLOGIE DE LANACHRONISME
1. LIMAGE-MATRICE. HISTOIRE DE LART ET GÉNÉALOGIE DE LA
RESSEMBLANCE
Lhistoire de lart commence toujours deux fois. Pline lAncien :
« La ressemblance est morte. » Empreintes du visage, empreintes de la loi.
Ressemblance par génération et ressemblance par permutation. Lorigine comme
tourbillon.
2. LIMAGE-MALICE. HISTOIRE DE LART ET CASSE-TETE DU TEMPS
Lhistoire de lart est toujours à recommencer. Walter Benjamin, archéologue
et chiffonnier de la mémoire. Limage survient : lhistoire se démonte.
Connaissance par le montage. Kaléidoscope et casse-tête : « Le temps
sélance comme un bretzel... »
2. MODERNITÉ DE LANACHRONISME
3. LIMAGE-COMBAT. INACTUALITÉ, EXPÉRIENCE CRITIQUE, MODERNITÉ
« Lhistoire de lart est la lutte de toutes les expériences... »
Carl Einstein à la pointe de lhistoire : le risque anachronique. Expérience
de lespace et expérience intérieure : le symptôme visuel. « Je ne
parle pas de façon systématique... »
4. LIMAGE-AURA. DU MAINTENANT, DE LAUTREFOIS ET DE LA MODERNITÉ
Supposition de lobjet : « Une réalité dont aucun il ne se
rassasie. » Supposition du temps : « Lorigine, cest
maintenant. » Supposition du lieu : « Lapparition du
lointain . » Supposition du sujet : « Je suis le sujet. Je suis
aussi le verbe... »
NOTE BIBLIOGRAPHIQUE
Index des noms
Index des notions
Table des figures
Table des matières
Presse
A propos de Devant le temps
Au moment de la sortie de cet ouvrage en 1990, Daniel Soutif
écrivait dans Libération :
Délibérément critique à légard dune
discipline trop aisément assurée de ces certitudes « scientifiques »,
le projet de Didi-Huberman recouvre une double ambition : dévoiler, dune part,
les « obscures ou triomphantes raisons », « angoisses
mortelles » ou « exaltations maniaques » qui ont pu amener
lhistoire de lart à « un tel ton », « une telle
rhétorique de la certitude » ; ouvrir, dautre part, le regard sur
les images de lart aux illisibles « déchirures » qui les traversent et
ne sont autres que les symptômes de cette matière incarnée, la peinture. Pour
satisfaire à cette double ambition, Devant limage travaille en quelque
sorte sur deux plans, ou mieux, deux registres. Lun est celui dune lecture qui
se donne pour objet une autre lecture, celle-là même à laquelle lhistoire de
lart admet, explicitement ou implicitement, pouvoir réduire le regard sur les
uvres. Lautre joue, en contrepoint, du regard porté sur certaines uvres
judicieusement choisies pour les déchirures qui les traversent, regard aigu, acéré et
sensuel à la fois, tout entier tendu vers lillisibilité de ce que, par opposition
au visible-lisible. Didi-Huberman nomme le visuel.
Au savoir soppose ainsi un voir qui entend ne pas
reculer devant le non-savoir, mais voudrait au contraire dialectiser les certitudes du
premier sous le choc de lirruption du second. Des descriptions ekphrasis,
disait-on autrefois follement fouillées, attentives au moindre jet de peinture, à
la moindre incarnation colorée comme à la plus prégnante, actualisent ce voir. A
lune de ces descriptions celle dune annonciation peinte par Fra
Angelico au couvent de San Marco de Florence est dailleurs imparti le rôle
douvrir à la fois louvrage entier, le débat critique et cette béance des
images au nom de laquelle Didi-Huberman entend mettre en défaut lhistoire de
lart. A une autre consacrée à la célèbre Dentellière de Vermeer
revient pratiquement de clore le livre puisque cette ekphrasis, plus
admirable encore, fait le nerf de larticle « Lart de ne pas
décrire. Une aporie du détail chez Vermeer » ajouté en appendice au livre.
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