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Laurent Mauvignier

Apprendre à finir
Livre Inter 2001

128 p., 9,91 €

Les premières pages



© Ulf Andersen/Gamma

Laurent Mauvignier est né en 1967. Il vit à Bordeaux.

Il a fait paraître aux éditions de Minuit :

LOIN D'EUX

1999. 128 p., 9,91 €, ISBN 2.7073.1671.7
2002
Collection de poche "Double"
128 p., volume double, 5,30 €,
ISBN 2.7073.1801.9
APPRENDRE à FINIR
(prix Wepler 2000 et prix du Livre Inter 2001) 2000. 128 p., 9,91 €, ISBN 2.7073.1721.7 2004 Collection " Double " volume double, 5,30 €
CEUX D’À CÔTÉ
2002. 160 p., 12 €
ISBN 2.7073.1766.7
SEULS
2004. 176 p., 13 € ISBN 2.7073.1846.9
LE LIEN
2005. 64 p., 6 €
ISBN 2.7073.1921.X

Présentation

     Il avait dit : ici, je n’en peux plus. Avec toi je ne peux plus. Alors après son accident, les semaines dans la chambre blanche, son retour à la maison pour la convalescence, ça a été comme une nouvelle chance pour elle, pour eux. Elle a repris confiance et elle s’est dit, je serai celle qui donnera tout, des fleurs, mon temps, tout. Pour que tout puisse recommencer.

Presse

     Laurent Mauvignier fait admirablement parler les silences, sentir les hésitations, les doutes, la peur de la solitude.
Michèle Gazier, Télérama

     La force de Mauvignier : faire tenir dans un même monologue le projet et l’intention douloureuse de son impossibilité, une foi désespérée et le prosaïsme brutal du réel, le mensonge qu’on se fait et la conscience qu’on en a. Des pages à couper le souffle.
Nelly Kapriélian, Les Inrockuptibles

     Les mots s’attendent, s’espèrent, comme des pas, un mot devant l’autre, nécessaires à la survie, insuffisants à la consolation. L’écriture est ici miraculeuse.
Jean-Baptiste Hareng, Libération

     La grande force, l’art de l’auteur – déjà amplement manifestés dans Loin d’eux – sont ce refus du psychologisme et des ficelles réalistes.
Patrick Kéchichian, Le Monde

     La langue de Mauvignier n’a rien de naturaliste. C’est une langue travaillée, d’une grande précision, d’une dignité qui place une femme modeste au rang des héroïnes raciniennes.
Norbert Czarny, La Quinzaine littéraire

     Où Laurent Mauvignier trouve-t-il donc ces mots qui viennent de si profond qu’on a l’impression qu’ils ont été arrachés aux entrailles ?… Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un écrivain si dérangeant, si différent des autres.
Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur

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     Les désillusions d'une femme trompée

     Si un ménage est souvent une entreprise de démolition, un roman est toujours une entreprise de récupération. Les décombres matrimoniaux sont en général assez vastes pour favoriser l'ouverture de chantiers très variés : celui de Laurent Mauvignier a pour titre Apprendre à finir. Révélé l'an passé par Loin d'eux, ce jeune romancier nous offre cette fois le monologue intérieur d'une femme trompée. Le jour où, à la suite d'un grave accident de voiture, son éboueur de mari se retrouve en petits morceaux, elle se dit, cette femme, que, le temps de recoller les morceaux, elle réussira peut-être à reconstruire l'ancien bonheur conjugal. A l'hôpital, et puis à la maison, son dévouement, sa douceur, sont censés prouver la constance et la force de son amour.
     Mais au fur et à mesure que l'état de l'accidenté s'améliore, qu'il recouvre sa validité, elle redoute qu'il s'éloigne encore pour aller retrouver « l'autre ». Cette autre chez laquelle il partait, sur un coup de colère, quand il a eu son accident. « Comme si moi j'avais provoqué l'embardée, comme si j'avais sur la route jeté les litres d'huile. » Elle se rappelle ces moments où la taraudait « l'envie de tuer, de le tuer, lui, l'envie de me tuer aussi, de tuer ses enfants ». Elle veut qu'il lui revienne, qu'il n'aille plus chez « elle », chez cette autre femme qu'elle finit par voir, fortuitement.
     Beaucoup de jaloux rêvent qu'on leur ramène à la maison un conjoint qui aura besoin de leurs soins. Avec le risque d'éprouver aussi, bientôt, l'immense douleur de le « savoir guéri maintenant », c'est-à-dire capable de les tromper encore. Le thème n'est pas neuf mais Laurent Mauvignier l'interprète avec une intensité exceptionnelle. Et il montre à quel point, au fond d'elle-même, au tréfonds, elle l'aime comme au premier jour, ce mari. Elle sait qu'il a beaucoup souffert, en perdant sa mère à six ans et en se trouvant en proie à d'indicibles peurs pendant la guerre d'Algérie.
     Devant le mystère de ces peurs, devant l'effroi et la terreur qui ont si profondément marqué l'infidèle, elle se tait. Tout est perdu. Tout est fini. Pour tout le monde. Reste cet amour-là. Ce respect pour ce qui lui échappe. Qui la dépasse. Et qui a brisé leur bonheur.
Jean-Pierre Tison

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© Les Éditions de Minuit
Conception et réalisation : Philippe Menestret