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Robert Pinget

Fable

120 p., 11,43 €

Les premières pages


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© Louis Monier

Robert Pinget est né en 1919. Il est mort en 1997.

Il a publié aux Editions de Minuit :
Entre Fantoine et Agapa, nouvelles
1951
Mahu ou le matériau
roman, 1952
Le renard et la boussole
roman, 1953
Graal Flibuste
roman, 1956
Baga
roman, 1958
Le fiston
roman, 1959
Lettre morte
théâtre, 1959
La manivelle
théâtre, 1960
Clope au dossier
roman, 1961
Ici ou ailleurs
théâtre, 1961
Architruc
théâtre, 1961
L’hypothèse
théâtre, 1961
L’inquisitoire
roman, 1962
Autour de Mortin
théâtre, 1965
Quelqu’un
roman, 1965
Le Libera
roman, 1968
Passacaille
roman, 1969
Identité
théâtre, 1971
Abel et Bela
théâtre, 1971
Fable
récit, 1971
Paralchimie
théâtre, 1973
Nuit
théâtre, 1973
Cette voix
roman, 1975
L’apocryphe
roman, 1980
Monsieur Songe
récit, 1982
Le harnais
carnets, 1984
Charrue
carnets, 1985
Un testament bizarre
théâtre, 1986
L’ennemi
roman, 1987
Du nerf
carnets, 1990
Théo ou le temps neuf
roman, 1991
L’affaire Ducreux et autres textes
théâtre, 1995
Taches d’encre
carnets, 1997

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Présentation

     Au moment de la sortie de ce livre, en 1971, Claude Mauriac lui consacrait un article dans Le Figaro où il écrivait notamment :
Peu à peu, le récit s’organise, nous en devinons l’architecture, en découvrons les perspectives. Il faut attendre la page 3 pour avoir la confirmation de ce que nous soupçonnions. Miaille – mais ne s’appelle-t-il pas aussi Miette ? – bougonne : « C’était donc moi qui engendrais des simulacres à ma mesure, je ne serai plus dupe. » De deux choses l’une, se dit-il. Ou rien de ce que j’ai vu depuis mon retour (et que nous avons lu) n’a d’existence réelle ou je ne suis pas revenu dans ma maison, « je ne suis qu’un témoin supposé, loin de ma carcasse qui se débrouille ailleurs ». Il ajoute : « C’est alors la tête qui pourrit. » Rappel du troisième paragraphe de la première page : Il y a des temps de désespoir d’abord qui alternent avec d’autres où l’âme se libère, mais peu à peu l’alternance ne se fait plus et c’est alors la tête qui pourrit.
     Décomposition d’où était né cet univers désintégré : images parcellaires, moi éclaté. Interprétations. Reconstruction par l’écriture. Unité reconquise. Littérature salvatrice : « Déplacer les mots, jeu sublime. (...) Il n’était plus dès lors le jouet mais le joueur. » Et nous jouons avec lui, ayant enfin compris la règle du jeu. Miaille revient du fond de lui-même. De cette maison rêvée qui était lui-même, avec son grenier et ses caves. Et retrouve son identité, son domicile. Il s’appelle Miette. Il habite Agapa où il est antiquaire. Nous l’avons déjà rencontré dans les récits précédents de Robert Pinget, notamment dans L’Inquisitoire. Sirancy-la-Louve, Agapa, Fantoine : géographie imaginaire pour cette comédie humaine moderne qui comporte des centaines de personnages.
     La fable, la voici : on l’appelle Miette, mais son nom est Narcisse. Il s’éprend moins de son image qu’il ne cherche à en recoller les morceaux brisés. Nous reconnaissons les lieux en même temps que lui. Le temps est retrouvé. Mais, de nouveau, l’espace disparaît, la chronologie s’évanouit. Futur, passé, chronologie à dissoudre.

 

 

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© Les Éditions de Minuit
Conception et réalisation : Philippe Menestret