
© Louis Monier/Gamma |
Jacques Serena est né en 1950.
Il a fait paraître aux Editions de Minuit :
Isabelle de dos
1989, 128 p., 14 €
Basse ville
1992, 128 p., 9,91 €
Lendemain de fête
1993, 176 p., 16,50 €
Plus rien dire sans toi
2002. 160 p., 11,50 €
L'Acrobate
2004. 128 p., 13 €
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Présentation
Il y en a un qui en a aimé une, qui
peut-être laime encore, ou le croit. Il y en a un autre, qui a eu loccasion
de la sauter, cette aimée, il ne sait plus trop, à force. Il y en a une,
vraisemblablement pas la même, mais qui veut bien aider à comprendre. Et une qui attend.
Ailleurs. Qui devrait être celle dont il est question.
Entretien
Jacques Serena et le théâtre
Dans un entretien quil accordait à
Marie-Pia Bureau (Théâtre Ouvert), Jacques Serena disait à propos de ce texte :
Pas moi qui pourrais dire si le roman est en général plus
littéraire et le texte de théâtre moins, ou pas. Pour ce que jen sais, le
théâtre peut très bien être aussi rasoir que le roman. Ce que je peux signaler
cest que, pour ma part, je me mets dans un aussi sale état pour émettre du
théâtre que du roman. Le soliloque de la fille, à la fin de ma pièce Rimmel,
est autant du roman que pouvait lêtre nimporte quel chapitre de mon roman Basse
Ville. Ou aussi peu. Dailleurs, je nécris pas pour le théâtre, ni pour
un lecteur, ni pour qui ou quoi que ce soit. Au moment décrire, si cest
vraiment le moment, je ne sais pas ce qui va se passer, en sortir, alors la question de la
destination a du mal à se poser. Des textes seront jetés, ou laissés en plan,
dautres iront plus ou moins se faire passer pour du roman, et dautres sans
trop de mal pour du théâtre. De toute façon, ma quête romanesque mamenait à
mexciter sur le rythme et le son, jallais assez naturellement vers une
publication par la voix. Par des voix. Dautre part, sans doute parce que subissant,
comme tout un chacun, des actualités qui passent plus de temps à vouloir absolument
démontrer quà montrer, je tendais à ne plus vouloir, moi, que témoigner,
signaler les mots dits, indiquer les gestes faits : avec ce mobile vaguement éthique
jallais spontanément vers une écriture flirtant avec le théâtre.
Les propositions de Jean-Louis (Martinelli) ont évidemment
aggravé laffaire. Chez lui jai senti cette même envie daller chercher,
coincer, faire surgir, entre des mots et des gestes, des moments justes, ou louches, que
jaime appeler adéquats.
Le théâtre me passionne depuis quil me semble être
un des derniers lieux où des gens viennent se réunir pour que des choses graves, fortes,
violentes, intimes, aient lieu.
Retrouver un matelas, et celui qui sy était couché
en compagnie de celle que lon avait cru sienne, vouloir voir une fois pour toutes ce
que sinon de toute façon lon narrête pas de voir avec tout ce pire que
charrie le doute, voilà ce que peut permettre, par exemple, le théâtre.
Evidemment, travailler avec Joël Jouanneau mexcite.
Jai bien senti que nous nous débattons, lui et moi, dans les mêmes eaux; un
obsédé, lui aussi, aussi malsain, je crois. Il ne trahira pas, rien. La façon dont il
me parle de Rimmel, cest sa pièce déjà. Tout à fait capable
dempirer laffaire.
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