
© Jean-Michel Rillon |
Christian Gailly est né en 1943.
Il a fait paraître aux Editions de Minuit :
Dit-il
1987, 192 p., 9,91 €
K. 622
1989, 128 p., 9,91 €
Lair
1991, 160 p., 11,43 €
Dring
1992, 160 p., 11,89 €
Les fleurs
1993, 96 p., 8,99 €
Be-Bop
1995, 192 p., 11,89 €
Coll. de poche « Double »
2002, 160 p., 5,30 €
Lincident
1996, 256 p., 14,94 €
Les évadés
1997, 256 p., 14,48 €
La passion de Martin Fissel-Brandt
1998, 144 p., 10,37 €
Nuage rouge
2000, 192 p., 12,96 €
Un soir au club
2002, 176 p., 11,90 €
Dernier amour
2004, 128 p., 12 €
Collection « Double »
Un soir au club
2004. 176 p., 5,30 €
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Présentation
Anna lavait prévenu. Sil
arrive quelque chose à Suzanne, je men vais. Immédiatement. Définitivement. On ne
voulait plus de lui, il ne veut plus de cette vie. Et, au moment même où il croyait
finir, voilà quil trouve lenvie de tout recommencer.
Presse
A propos de La passion de Martin
Fissel-Brandt
Eric Reinhardt écrivait dans les Inrockuptibles :
Tout comme les précédents, le dernier livre de Christian
Gailly autopsie les arcanes de la passion amoureuse. On retrouve dans cet opus la même
construction sentimentale obsédante : un homme marié éprouve pour une femme une
passion aussi brûlante quimpossible (...) Cette thématique coriace évolue de
livre en livre, comme si chaque livre incarnait un nouvel épisode dune histoire qui
suivrait un déroulement parallèle à luvre.
Jean-Noël Pancrazi, dans Le Monde :
Ce qui enchante, chez Christian Gailly, cest
quon retrouve de livre en livre le même personnage. Lui-même. Toujours aussi
fantasque, lunaire, emballé, désespéré. Il bouge tout le temps, Martin
Fissel-Brandt ; il narrête pas de se démener, de gesticuler comme un Jacques
Tati qui, empêtré dans ses grands mouvements de bras, de jambes, avancerait, reviendrait
sur ses pas, avant de tourner sur lui-même et den appeler au hasard. Partir ou ne
pas partir : telle est la question, celle de Martin qui sapprête à quitter la
maison vendéenne quil vient de louer pendant une semaine, alors quà la
dernière minute un rouge-gorge, pesant sans doute de 13 à 19 grammes, heurte, la prenant
pour un pan de lumière, la fenêtre de la cuisine.
Et, Hugo Marsan, dans le Magazine littéraire :
Le mot passion ne peut tenir en équilibre seul. Unique
universelle pourtant, la passion est laffaire dun être
particulier, convaincu de contenir la douleur du monde. Si les titres des précédents
romans de Christian Gailly sont après un tout premier clin dil
durassien (Dit-il) des noms brefs (Lair, Les fleurs, Be-Bop),
des onomatopées (Dring), ou de classiques évocations généralistes (Lincident
ou Les évadés), celui-ci sétale et se précise, maniaque et légendaire,
marquant la double appartenance de lamour absolu qui sincarne misérablement
et se dilate dans léternité de la mémoire. La passion de Martin Fissel-Brandt
est un superbe roman, étrange, délicatement caustique et enfantinement doux.
A propos des Evadés:
Eric Reinhardt écrivait dans Les
Inrockuptibles :
Nous pourrions dire dabord que lespace de chacun des livres de Christian
Gailly est un espace de vérité, un espace paradoxal où la lucidité la plus abrupte
cohabite avec le désir, la tendresse, la légèreté. Nous pourrions dire que Christian
Gailly saffirme de livre en livre comme un pessimiste épris despoir, un
désenchanté avide de clarté, et quil ouvre des plaies en nous pour le plaisir
den guérir quelques-unes. Nous pourrions dire aussi quil est lécrivain
de lamour, du couple, de laventure conjugale, que tous ses livres, dune
manière ou dune autre, racontent des histoires damour, que ses récits sans
concession sont à la fois terribles de dureté et dune infinie délicatesse.
Et, Jean-Noël Pancrazi, dans Le Monde :
Et ce quil y a de plus bouleversant dans Les
Evadés, cest cette sorte de conspiration du courage, cette solidarité grisée,
ce complot des énergies, des amis de Théo qui entreprennent de le sauver et se lancent
dans une équipée presque irréelle, emportée par un grand mouvement démotion
rêveuse, un élan de lyrisme aérien qui permet à chacun de se sublimer lui-même,
quitte à en mourir. Bien sur, tout sachève par une pantomime sanglante au bout
dun quai. Mais « les innocents » sont-ils à jamais vaincus ? Pas
tout à fait. Car cest la beauté du geste qui lemporte. Et la beauté ne
satteint, ne soffre vraiment quavec la fin de la peur. On sent que
Gailly na plus peur, ou presque, quil est parvenu, lui aussi à sévader
de lui-même comme Si linjonction du narrateur de K.622 à la reine aveugle
de la nuit, « Tirez-moi de moi-même », avait été écoutée. Il vous
serre la main comme cela, à plusieurs reprises, avec une chaleur presque comique, une
gentillesse allègre, déjà distrait, sans doute habité par le rythme, entre swing et
blues, dun nouveau personnage qui lattend, là-bas, près de sa table, dans sa
maison de lHay-les-Roses, sous le ciel qui dans un revers de lumière prend soudain,
comme dans ses romans, un bleu tamisé de fin de jour, de début dhistoire.
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