« Double »


Claude Simon

Le Tramway 


2007
Collection de poche Double
144 p.
ISBN : 9782707320179
6.50 €
* Première édition aux Editions de Minuit en 2001


Un tramway relie une ville de province à la plage voisine, distante d'une quinzaine de kilomètres. Aux heures matinales, il fait accessoirement office de ramassage scolaire. Ses allées et venues d'un terminus à l'autre entre les ondulations des vignes ponctuent le cours des vies, avec leurs menus ou cruels événements. Les lieux où se déroule l'action sont principalement le bord de mer, une maison de campagne, la ville qui peu à peu se modernise, un court de tennis. Dans sa fragilité, la vie s'acharne par ailleurs à poursuivre son cours à travers les dédales des couloirs et des pavillons d'un hôpital, et d'infimes coïncidences amènent parfois les deux trajets à se confondre.

ISBN
PDF : 9782707325938
ePub : 9782707325921

Prix : 5.99 €

En savoir plus

Pierre Lepape (Le Monde, 30 mars 2001)

« Depuis soixante ans et une vingtaine de livres, Claude Simon écrit et réécrit sa mémoire. Chaque roman, depuis Le Tricheur – achevé en 1941, mais publié seulement quatre ans plus tard aux Éditions du Sagittaire –, dessine des chemins à travers lesquels l’écrivain produit de la mémoire et invente un monde. On serait tenté de parler d’entreprise autobiographique, si ce terme n’impliquait pas l’idée d’une vie qui serait une sorte de réservoir dans lequel l’écrivain n’aurait qu’à puiser pour élaborer ses récits. Ici, tout au contraire, c’est l’acte d’écrire – de reprendre, de raturer, de monter, de construire, d’ordonner – qui réveille, oriente, excite, actualise la mémoire et lui ouvre un champ aussi vaste que celui qu’explora Proust.
Écriture de la mémoire, et donc aussi écriture de l’oubli, de la perte, de la disparition ; écriture du temps et donc de la dégradation. Jamais peut-être ces deux termes n’avaient été aussi explicitement juxtaposés que dans Le Tramway. Sans doute parce que la présence de la mort est ici ce qui cristallise et lie les différentes scènes. C’est le spectre de la mort qui sert de guide dans le dédale des souvenirs actualisés.
Au centre du livre, il y a l’image d’une chambre d’hôpital où le narrateur, encombré de tuyaux qui pallient ses fonctions vitales défaillantes, renaît tant bien que mal, dans la fièvre, l’épuisement, à la vie consciente après un grave accident de santé. Peu à peu, comme dans une aube, les choses et les êtres sortent de la confusion et du brouillard qui les enveloppaient, tout en conservant un halo d’irréalité, une incertitude pleine de douceur et de légèreté. Ce qu’on appelle le réel peut avoir parfois la même consistance que les rêve ou que les souvenirs. Ce retour incertain à la lumière après une nuit dont on ne peut rien écrire, c’est le thème de Lazare qui court tout au long du livre. On lui accolera cette citation de Joseph Conrad que Claude Simon place en exergue du Tramway : “ …Pour lui le sens de l’épisode ne se trouve pas à l’intérieur, comme d’une noix, mais à l’extérieur, et enveloppe le conte qui l’a suscité, comme une lumière suscite une vapeur… 
Pas de psychologie chez Claude Simon : c’est l’écriture, et elle seule, qui prend en charge cette fragile renaissance au monde dans la proximité de la mort. »
 

 




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