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le soir aussi, il joue très bien aussi le soir très
tard, d'ailleurs très tôt le matin, le soir très tard, c'est la même
heure et c'est la même humeur.
Il décroche le sax, ôte son collier, sort le bouchon
de sa poche, le glisse sur le bec, ça fait penser au capuchon glissé sur
la tête d'un faucon et Basile, c'est son nom, non, son prénom, son nom
c'est Lorettu, se demande, c'est bien la première fois qu'il pense à ça,
quel rapport il y a entre un bec de sax et une tête de faucon, entre la
chasse, la chasse à quoi ?
Il se retourne, le jette sur le lit, le lit est près
de la fenêtre, tout est près de la fenêtre, c'est petit, le sax rebondit
sur le lit, il le regarde, ne peut plus le blairer d'un seul coup, c'est
pas la première fois que ça lui arrive.
C'est bien simple, Si c'était un faucon fon-dant sur
les oiseaux plus faibles, plus lents, plus faibles parce que plus lents,
il lui tordrait le cou.
Il le saisit, lui tord le col, sépare le col du
corps, le corps du col, range, couche corps et col dans la valise, ferme
la valise, regrette déjà de l'avoir fermée, avec regret déjà revoit
ciselé, non, gravé, aimerait revoir déjà, non, rien, du métal jaune, un
fond de velours, rouge, des touches nacrées.
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