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10 CE QUESTIONNEMENT
nement en se demandant : qu’est-ce qu’il y avait
d’abord là ? Cette question apparemment primordiale se trouve posée au
cours d’un cheminement parvenu à une certaine étape. Ce qui se donne
« tout d’abord », ce « sont » les « hommes » et les « choses ». Plus
explicitement : chaque homme, les autres hommes, les données naturelles,
ce qui est élaboré et travaillé par les hommes. Ou encore : les
questionneurs-questionnés, les choses cosmiques et naturelles ainsi que
les produits de leur pensée et action. Les hommes, cependant, et leurs
produits, sont produits tout le long du cheminement du questionnement.
Celui-ci correspond à un appel qu’il reçoit. L’histoire humaine,
préhistoire et posthistoire y compris, est l’histoire d’une quête.
Pleine de conflits. Solitairement et communautairement, les humains
désirent, fantasment, parlent et agissent toujours avec et contre leurs
semblables, en lutte avec ce qui les détermine et les englobe, la
nature. Hommes, femmes et enfants sont désirants et/ou désirés, jeunes
et/ou vieux, sains et/ou malades, forts et/ou faibles, vivants et/ou
morts. Eros et thanatos les tiennent sous leur joug. Ils
les fascinent et les troublent, semblent demander, exiger une prise en
charge. L’éros se fait canaliser et le thanatos conjurer. Le gisant,
immobile, sidère l’homme, provoque une sainte terreur, attend une
sépulture et un culte. Les hommes vivent d’emblée sous une constellation
magique et mythique, bien avant que celle-ci ne devienne religieuse,
puis métaphysique et enfin technico-scientifique. Les « choses » qui les
regardent s’imposent à eux : la lumière changeante du soleil et des
autres astres, comme les ténèbres de la nuit; l’eau, la terre, le feu et
l’air; la vie des plantes et le mouvement des animaux. Ce qui, forgé par
leurs mains, se tient à portée de leurs mains : les outils qui assurent
la subsistance de l’individu et de l’espèce. Pensée et action ne cessent
d’être aux prises avec l’espace et ses lieux, le temps et ses moments,
espace-temps constituant et constitué.
Ce qui, dans le jeu de la proximité et de la distance, questionne
l’homme, ce jeu en question se rencontre inex-tricablement avec le jeu de
l’homme. Qui n’est, primordia-
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