chiffrés, recelaient une
signification secrète, des informations accessibles grâce à un code mis au point par
notre écrivain et connu de lui seul ? Poèmes ou récits cryptographiques certes
lisibles en létat, mais en létat sans intérêt ni valeur aux yeux de leur
auteur, dissimulant en réalité des choses compromettantes pour lui ou pour autrui, ou
des rapports destinés à des puissances étran- gères, ou encore, pourquoi pas,
dautres poèmes ou récits, ceux-là de haute tenue, ainsi dérobés, enrobés, pour
des raisons non moins obscures, crainte du scandale ou du plagiat, pudeur, goût du jeu,
de lénigme, ou acte gratuit relevant de lart pour lart, de la création
absurde, manière enfin de se résoudre par la dérision à nêtre de toute façon
jamais compris.
En outre, considérons bien ceci : les écrivains ne sont pas les
personnages de leurs fables, il ne leur est pas toujours donné de pressentir leur mort
prochaine, ou alors, si les progrès rapides dune maladie sans remède semblent en
effet les condamner à brève échéance, ils nont pas nécessairement le loisir
demployer cette pénible semaine dagonie à faire le ménage et mettre de
lordre dans leur vie, brûler des tombereaux de papiers, bâtir des maisons en
pierre de taille pour leurs foyers illégitimes, prendre enfin toutes les dispositions
concernant la conduite de leurs affaires après leur disparition
et les décisions
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