mains se frayèrent un chemin
sous ses vêtements : la gauche vers lagenda glissé dans une poche
intérieure, la droite vers ses lunettes enfouies dans une poche pectorale. Puis, le
portail franchi, négligeant lascenseur, il attaqua fermement un escalier de
service. Il parvint au sixième étage moins essoufflé que jaurais cru, devant une
porte mal repeinte en rouge brique et dont les montants témoignaient dau moins deux
tentatives deffraction. Pas de nom sur cette porte, juste une photo punaisée,
gondolée aux angles et représentant le corps sans vie de Manuel Monteliu, ex-matador
recyclé péon, après quun animal nommé Cubatisto lui eut ouvert le cur
comme un livre le 1er mai 1922 : Ferrer frappa deux coups légers sur
cette photo.
Le temps quil attendait, les ongles de sa main droite
senfoncèrent légèrement dans la face interne de son avant-bras gauche, juste
au-dessus du poignet, là où se croisent nombre de tendons et de veines bleues sous la
peau plus blanche. Puis, très brune aux cheveux très longs, pas plus de trente ans ni
moins dun mètre soixante-quinze, la jeune femme prénommée Laurence qui venait
douvrir la porte lui sourit sans prononcer un mot avant de la refermer sur eux. Et
le lendemain matin vers dix heures, Ferrer repartit vers son atelier.
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