depuis des années, a choisi le
silence 3 » Dix-huit ans auparavant, le
peintre avait lui-même revendiqué la violence dêtre « acculé à
lineffable 4 ». Et cela fera bientôt
quarante-cinq ans quAndré Breton a cru devoir mesurer la « résonance
intime » de cette uvre à laune du refus, essentiel chez Hantaï,
dasservir son travail aux malentendus misérables et aux exigences tyranniques du
commerce de lart 5.
Aujourdhui ? La même chose, dirait-on. Rien de neuf, rien à
dire, rien à montrer. On a connu cette uvre pour ses renversements brutaux et ses
longues périodes de suspens en 1966 et en 1969, par exemple. On la sait
aujourdhui retirée. On veut donc la croire disparue, dinosaure. On se
rassure en ny voyant que le témoigna- ge, certes admirable, dune
« modernité » picturale out of date. Hantaï a, depuis trop longtemps,
laissé loin de lui toute emprise, y compris celle de la reconnaissance critique et
institutionnelle, il a depuis trop longtemps re- fusé toute « manifestation »
de son travail exposition, publicité, publication pour ne
pas prendre, très luci-
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3. G. Bonnefoi, Hantaï, Beaulieu, Centre dart
contemporain, 1973, p. 23.
4. S. Hantaï, « Notes confusionnelles accélérantes et autres
pour une avant-garde réactionnaire non réductible », Simon Hantaï, Paris,
Galerie Kléber, 1958, non paginé.
5. A. Breton, « Simon Hantaï » (1953), Le Surréalisme
et la peinture, Paris, Gallimard, 1965, p. 237 : « Simon Hantaï
aussi, parce quil a fallu presque lui faire violence pour le décider à
"exposer", tant il répugne à se laisser prendre dans le circuit commercial qui
est, de nos jours, le ver vainqueur de lexpression artistique et tant cela nous
renseigne sur la rare qualité de son type de résonance intime, en définitive
lunique donnée sur quoi la toute-confiance puisse sédifier. »
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